À travers ce texte, nous envisageons The Americans (2013-2018) et The Diplomat (2023-en cours) sous un angle féministe, en nous attachant aux deux rôles principaux de ces séries. En effet, l’espionne soviétique Nadezhda/Elizabeth Jennings et l’ambassadrice américaine Kate Wyler redéfinissent le statut des personnages féminins dans les récits d’espionnage ou politiques, loin des stéréotypes qui leur sont habituellement dévolus. Ces deux rôles partagent certaines ambiguïtés similaires, incarnées par leur interprète commune, l’actrice Keri Russell.
Avant d’aborder ces deux séries, il est utile de revenir brièvement sur le parcours de Keri Russell. Née en 1976 en Californie, elle apparaît très jeune à l’écran, à quinze ans, dans le Mickey Mouse Club de Disney Channel, où débuteront également Christina Aguilera, Ryan Gosling, Britney Spears et Justin Timberlake. Elle joue alors aussi dans des films familiaux et des sitcoms pour adolescents. On peut également la voir dans le clip Always de Bon Jovi, en 1994. C’est avec la série Felicity (1998-2002) qu’elle acquiert une véritable notoriété.
Dans cette série produite par J. J. Abrams et Matt Reeves, Russell interprète le rôle principal de Felicity Porter, une jeune femme qui vient de terminer ses études secondaires et qui renonce à son projet initial de s’inscrire à l’université Stanford pour suivre Ben, un garçon dont elle est amoureuse, en le rejoignant à l’université de New York. Les quatre saisons de la série correspondent aux quatre années de formation de l’étudiante, ponctuées d’amitiés et de la rencontre avec un étudiant plus âgé, Noel, qui vient compliquer sa vie sentimentale. La série rencontre un franc succès auprès d’un public adolescent et Keri Russell remporte un Golden Globe pour son rôle.
En 2013, Keri Russell est engagée pour le rôle principal de la série The Americans. Elle rencontre sur ce tournage l’acteur gallois Matthew Rhys, son partenaire à l’écran, alors qu’elle divorce de Shane Deary, avec qui elle était mariée depuis 2007. De nombreux critiques estiment que cette relation personnelle entre les deux interprètes du couple Jennings a influencé leur engagement dans leurs rôles, l’intensité de leurs performances et les nuances apportées aux rapports d’amour et de haine entre leurs personnages.
The Americans
The Americans est une série créée par Joe Weisberg, ancien membre de la CIA et auteur d’un roman d’espionnage (An Ordinary Spy, 2007) qui attire l’attention des studios. S’il intègre à son scénario des éléments rencontrés lorsqu’il œuvrait dans les services de renseignement, Weisberg s’inspire également d’une affaire qui a défrayé la chronique : l’arrestation par le FBI, en 2010, d’Elena Vavilova et d’Andrei Bezroukov, puis leur extradition vers la Russie. Tous deux avaient été formés par le KGB pour s’installer à la fin des années quatre-vingt au Canada, puis à Boston, sous de fausses identités américaines. Agents immobiliers en apparence, ils vécurent vingt ans dans la clandestinité afin de coordonner des opérations d’espionnage sur le territoire américain. Leurs deux enfants ignoraient tout de la véritable identité de leurs parents jusqu’à leur arrestation.
Si The Americans s’inspire directement de cette histoire d’espions agissant sous couverture, l’action est toutefois déplacée à Washington et se déroule de 1981 à 1987, au fil des six saisons. Agents soviétiques infiltrés, Philip et Elizabeth Jennings (Matthew Rhys et Keri Russell) vivent aux États-Unis depuis 1965. Tous deux dirigent une petite agence de voyages et mènent des missions de terrain souvent nocturnes : assassinats commandités par leurs supérieurs, écoutes, transports de documents ou, encore, relations parfois sexuelles avec des « cibles » à manipuler. Ils ont deux enfants, Paige et Henry (Holly Taylor et Keidrich Sellati), qui ignorent tout des activités de leurs parents. La situation se complique lorsque Stan Beeman (Noah Emmerich), un agent du FBI très compétent, s’installe dans leur voisinage et se lie d’amitié avec Philip, ce qui représente à la fois une menace et une opportunité pour le couple.
La série a été largement saluée pour la qualité constante de son écriture et pour sa conclusion particulièrement poignante. La reconstitution de l’Amérique reaganienne a également été remarquée, de même que l’usage de titres emblématiques des années quatre-vingt pour ponctuer certains moments clés, tels que Slice of Life de Bauhaus, The Pictures on My Wall d’Echo & the Bunnymen, Siamese Twins de The Cure, Vienna d’Ultravox ou encore With or Without You de U2.
Malgré ces qualités, The Americans, sans être un échec, ne rencontre pas un succès massif lors de sa diffusion. L’année 2013 est souvent perçue comme un moment de bascule dans l’histoire des séries : du temps de la « Quality TV », amorcé une dizaine d’années plus tôt avec des œuvres comme Les Sopranos (1999-2007) ou The Wire (Sur Écoute, 2002-2008), on bascule vers l’ère du « Too Much TV », accentuée par la multiplication des plateformes de streaming. En 2013, Netflix lance ses premières séries emblématiques (House of Cards de 2013 à 2018 et Orange Is the New Black de 2013 à 2019), tandis que Game of Thrones (2011-2019), Mad Men (2007-2015) ou Breaking Bad (2008-2013) sont toujours diffusées et captent une vaste audience. Produite par FX, The Americans, avec des moyens plus modestes, passe alors relativement inaperçue et ne gagnera sa réputation que rétrospectivement, notamment à travers des relectures féministes (Mizejewski, Bordages, Telling).
Dans un entretien accordé à The Hollywood Reporter (2025), Keri Russell rappelle que Joe Weisberg avait élaboré un guide réunissant différentes théories féministes, utilisé pour définir le personnage d’Elizabeth et éclairer les décisions qu’elle prend tout au long de la série, tant sur le plan professionnel que familial. C’est précisément cette approche qu’analyse Linda Mizejewski, spécialiste en études féministes, dans un ouvrage paru en 2022 (The Americans, Wayne State University Press) où elle étudie la superposition constante entre le récit d’espionnage et le mélodrame familial dans la série. La maison des Jennings y apparaît comme un espace charnière entre le sous-sol, dédié aux missions clandestines, et les étages supérieurs, réservés à la vie de famille. Ainsi, dès l’épisode pilote, après que Philip a ligoté un officier du KGB souhaitant passer à l’Ouest et l’a enfermé dans le coffre de sa voiture garée au garage, il rejoint ses enfants dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner et le départ à l’école.
Les thèmes traditionnels du récit d’espionnage – loyauté, patriotisme, morale – traversent bien The Americans, mais sont déplacés vers les rapports conjugaux et les dynamiques de genre au sein de la famille Jennings. Les scènes d’action spectaculaires deviennent de plus en plus rares au fil des saisons, au profit de tensions psychologiques, en particulier au sein du couple Philip/Elizabeth.
« Cette série est importante — dans l’histoire culturelle et télévisuelle — en raison de son exploration perturbante de la vie suburbaine des années 1980 comme microcosme des complexités morales de l’américanisme. » (Mizejewski, 2022)
La série débute d’ailleurs sur le dilemme de Philip, de plus en plus séduit par le mode de vie américain, tandis qu’Elizabeth demeure fidèle à ses convictions idéologiques et à son engagement communiste. La guerre froide fonctionne alors comme une métaphore de leur mariage : elle reflète à la fois leur division conjugale et l’artifice constitutif de leur union, « arrangée » par leurs supérieurs du KGB.
Pour Linda Mizejewski, The Americans peut ainsi être envisagée comme un mélodrame d’espionnage animé par des conflits liés aux rôles de genre. La série met en lumière les contradictions du patriarcat et de l’hétérosexualité normative à travers la manière dont les Jennings imitent une famille traditionnelle, dans laquelle Elizabeth est censée endosser avant tout les rôles d’épouse et de mère. Mizejewski s’appuie notamment sur l’épisode pilote pour illustrer son propos :
« L’épisode pilote de The Americans dramatise les dilemmes propres à l’expérience féminine lorsqu’il se concentre sur Elizabeth en tant que survivante d’un viol. On apprend que, lorsqu’elle était en formation comme jeune cadette à Moscou, elle a été agressée sexuellement par son supérieur du KGB, qui considérait cette violence comme un “avantage” du métier. Elizabeth est restée silencieuse à ce sujet pendant près de vingt ans. Comme l’a montré le mouvement #MeToo, le silence constitue une réaction fréquente chez les femmes doublement victimisées par le traumatisme du viol et par la honte – dans ce cas, un silence rendu encore plus complexe par la colère d’Elizabeth d’avoir été trahie par le KGB.
Cette agression sexuelle est le pivot narratif de l’épisode pilote. Nous apprenons rapidement que l’homme kidnappé dans leur garage est son violeur, que les Jennings doivent livrer à leurs supérieurs. Une fois cette information révélée au public, la froideur d’Elizabeth face aux avances de Philip devient intelligible : elle revit le traumatisme et refuse d’être touchée. Lorsqu’elle finit par raconter son histoire à Philip, celui-ci tue l’otage à mains nues, désobéissant aux ordres reçus du KGB. On pourrait considérer cet acte comme une confiscation de la vengeance d’Elizabeth, plaçant Philip dans le rôle du “vengeur”. Pourtant, Elizabeth n’a pas besoin d’un vengeur : elle bat elle-même le traître jusqu’à l’inconscience et lui fracasse la tête contre un mur avant l’intervention finale de Philip. Ce dont elle a besoin, c’est la preuve que la loyauté de Philip va d’abord vers elle, et non vers l’organisation. Ce moment constitue un tournant dans leur relation émotionnelle. Après la disparition méthodique du corps, Elizabeth initie un rapport sexuel passionné sur le siège avant de la voiture, puis, dans une scène plus intime, révèle à Philip son prénom russe : “Je m’appelle – je m’appelais – Nadezhda.”
Le récit du viol dans l’épisode pilote illustre la manière dont The Americans transpose les enjeux du mélodrame domestique au sein des intrigues d’espionnage du KGB. »
Dans leur podcast Peak TV (pour Slate), les journalistes et autrices féministes Anaïs Bordages et Marie Telling sont revenues à plusieurs reprises sur The Americans, qu’elles considèrent comme l’une des meilleures séries de l’histoire de la télévision. Si elles saluent l’évolution du récit vers des saisons finales de plus en plus sombres et complexes, excluant toute possibilité de rédemption ou de happy end pour la famille Jennings jusqu’à un ultime épisode qu’elles jugent exceptionnel, elles s’attachent surtout à la représentation du personnage d’Elizabeth.
Selon elles, la force et la nouveauté de la série résident dans son inversion des codes genrés : Elizabeth est un personnage froid sans être caricatural, indépendant, physiquement impressionnant dans les scènes d’action, tout en demeurant capable de cruauté comme de vulnérabilité. Elle incarne une figure féminine qui subvertit les attentes traditionnelles liées à la féminité.
Bordages et Telling poursuivent cette réflexion dans l’ouvrage qu’elles cosignent, Petit éloge des antihéroïnes de séries (2022), où elles analysent l’impact de personnages féminins imparfaits, dont les défauts offrent aux spectatrices des alternatives aux héroïnes idéalisées, unidimensionnelles et répondant à des idéaux de perfection. Elizabeth Jennings y est décrite comme « abrupte, impénétrable et difficile à aimer », souriant rarement, intolérante à toute déviation idéologique et incapable d’exprimer ses émotions. En ce sens, elle déjoue les représentations les plus conventionnelles de la féminité : elle n’est ni douce ni maternelle, refuse le compromis et attise les conflits plutôt que de les apaiser. « Bref, Elizabeth est la réfutation même de l’idée selon laquelle un monde gouverné par des femmes serait plus pacifique », concluent les autrices.
The Diplomat
Cette question du rapport entre femmes et pouvoir se trouve précisément au cœur de la série The Diplomat (2023-en cours). Créée par Debora Cahn, scénariste passée notamment par l’écriture de scénarios pour deux séries acclamées : The West Wing (1999-2006) et Homeland (2011-2020). The Diplomat mêle enjeux diplomatiques, tensions internationales et drames personnels.
L’intrigue suit l’arrivée à Londres de Kate Wyler (Keri Russell), nommée ambassadrice des États-Unis au Royaume-Uni. Diplomate de terrain, peu attirée par les arcanes du pouvoir institutionnel, elle comprend progressivement que cette promotion dissimule des enjeux politiques qui la dépassent. Dans le même temps, le torpillage d’un navire de guerre britannique dans le golfe Persique déclenche une crise internationale majeure, impliquant plusieurs puissances nucléaires et conférant à l’ambassadrice un rôle stratégique déterminant.
Comme le souligne la spécialiste de la représentation des femmes dans les médias Karrin Vasby Anderson, dans The Conversation (2023), le succès sur Netflix d’une série de type walk and talk (ndlr : séries centrées sur des personnages marchant rapidement dans des couloirs tout en discutant, notamment les séries politiques et judiciaires) n’allait pas de soi. The Diplomat met en lumière l’ambiguïté persistante du sexisme dans la culture politique médiatique en s’attachant au stéréotype selon lequel les femmes qui méritent le plus la confiance sont celles qui ne veulent pas initialement accéder à ce pouvoir. Anderson prend l’exemple de séries telles que Veep (2012-2019), 24 Heures chrono (2001-2017), Borgen (2010-2022) qui nous montrent des politiciennes ambitieuses, mais également incompétentes ou corrompues. En contrepoints, Commander in Chief (2005-2006) ou Madam Secretary (2014-2019), ainsi que The Diplomat, dépeignent des femmes politiquement indépendantes qui se présentent comme étant avant tout au service de l’état. L’idée que les politiciens et politiciennes de carrière soient des leaders exécrables en regard des serviteurs et fonctionnaires dévoué.e.s de la nation, a sans doute contribué au succès de la série Netflix.
Ce que le personnage de Kate Wyler apporte de singulier à la représentation des femmes politiques est cependant ailleurs. Dans un échange révélateur de la première saison, son entourage évalue son potentiel à la vice-présidence à travers une série de critères contradictoires : « jolie, mais pas trop », « attirante, mais pas sexy », « déterminée, mais pas méchante ». La série met ainsi en scène l’impossibilité, pour une femme de pouvoir, d’échapper aux catégories normatives imposées à son apparence et à son comportement.
Kate Wyler évolue volontairement à distance de ces injonctions : vêtements sombres, maquillage minimal, cheveux indisciplinés, refus du glamour politique. Cette posture, loin d’être naïve, est pleinement consciente des stratégies de représentation à l’œuvre. Lors d’un shooting imposé, elle affirme ainsi son refus de toute posture sentimentale ou esthétisante, revendiquant un contrôle sur son image publique lorsqu’elle s’adresse au photographe :
« Je ne veux pas rendre votre travail plus difficile qu’il ne l’est déjà, mais ce serait bien qu’il n’y ait aucune photo de moi regardant pensivement au loin en me caressant le cou ».
Pour la professeure de psychologie Miko M. Wilford, le personnage de Kate Wyler incarne une figure politique crédible précisément parce qu’elle est imparfaite : compétente, mais maladroite, intelligente, mais sujette au doute et régulièrement confrontée au syndrome de l’imposteur. La puissance du personnage tient non à sa position d’autorité, mais au fait qu’elle occupe cette position malgré ses fragilités :
« Les femmes sont tout aussi éligibles que les hommes. Pourtant, il existe toujours un « fossé d’ambition » : moins de femmes envisagent activement de se présenter à des élections (malgré des qualifications comparables). Essentiellement, les femmes ont besoin de davantage d’encouragement pour se présenter, et sont moins susceptibles de recevoir un tel encouragement. […]
Kate Wyler est une femme politique avisée, intelligente, attentionnée et accomplie ; elle est aussi maladroite, en sueur, gauche et parfois abrasive, voire en colère. C’est un personnage complexe et tridimensionnel qui va bien au-delà du trope de la « femme forte » censé rassasier les observateurs du test de Bechdel pendant bien trop d’années. La force d’un personnage comme Kate Wyler ne tient pas au fait qu’elle soit une femme en position de pouvoir, mais au fait qu’elle soit une femme imparfaite et complexe à une telle position. Une femme minée par un manque de confiance — un mal qui touche les femmes plus souvent que les hommes — et régulièrement visitée par des accès de syndrome de l’imposteur. C’est une femme à laquelle d’autres femmes peuvent réellement s’identifier, qui occupe une position de pouvoir. » (Wilford, 2025)
La troisième saison de The Diplomat approfondit encore cette tension entre pouvoir, ambition et identité. Sans en révéler les enjeux narratifs, Kate Wyler y est confrontée à une décision décisive concernant son avenir politique. Keri Russell souligne que ce moment constitue un acte de réappropriation de soi, un geste rare pour des personnages féminins souvent construits autour du sacrifice :
« C’est un moment où elle se choisit elle-même. Et je pense que les femmes, en particulier, ne le font pas. Je crois que c’est vraiment difficile pour les femmes de se choisir. Les femmes ne le font pas beaucoup pour mille raisons, mais à ce stade, Kate décide de se choisir elle-même, ce qui est incroyable. »
L’actrice établit elle-même un parallèle explicite avec son personnage d’Elizabeth Jennings : toutes deux font le choix de préserver leur engagement, quelles qu’en soient les conséquences. Kate Wyler et Elizabeth Jennings apparaissent ainsi comme deux figures apparentées : non pas des femmes idéalisées, mais des personnages profondément humains, complexes et contradictoires, évoluant au sein de structures patriarcales – la société américaine des années 80, le sexisme ordinaire du monde politique – qui cherchent à les contraindre. En cela, elles constituent des figures de résistance, loin des standards de perfection et de féminité normatives, et inscrivent Keri Russell comme l’interprète d’une lignée d’antihéroïnes féministes pionnières et marquantes du paysage télévisuel contemporain.
Alain Hertay
Pour aller plus loin :
- ANDERSON, Karrin Vasby, ‘The Diplomat’ negotiates expectations – and myths – about gender, power and politics, in The Conversation, 11 mai 2023 ;
- BORDAGES, Anaïs et TELLING, Marie, Petit éloge des anti-héroïnes de séries, Les Pérégrines, 2022 ;
- BORDAGES, Anaïs et TELLING, Marie, «The Americans», un chef d’œuvre pour se (re)plonger dans la guerre froide, Peak TV, Slate, 2 septembre 2022 ;
- LEWIS, Hilary, It’s a Monumental Moment to Choose Yourself”: Keri Russell Breaks Down ‘The Diplomat’s’ “Contemplative” Season 3 Shift, in The Hollywood Reporter, 18 octobre 2025 ;
- MIZEJEWSKI, Linda, The Americans, Wayne State University Press, 2022 ;
- WILFORD, Miko M., The Diplomat: Moving Beyond the “Strong Female Character”. How a Netflix drama illustrates the importance of women in politics, in Psychology Today, 18 septembre 2025.

