Le Mouron rouge est de retour !

Le Mouron rouge est de retour ! Archipoche, en ce mois de janvier 2018, réédite une œuvre fondatrice, un grand roman de cape et d’épée précurseur. Le Mouron rouge est le personnage principal d’une série d’ouvrages populaires écrits en Angleterre entre 1905 et 1936 par la baronne Emma Orczy. Adaptées au cinéma, au théâtre et à la télévision avec à chaque fois un énorme succès à la clé, ses aventures se révéleront source d’inspiration notable pour, notamment, les figures justicières de Zorro et Batman.

1792. Paris est aux mains des révolutionnaires, qui vouent les aristocrates à la geôle ou à la guillotine. Un chevalier anglais se donne pour mission de leur épargner la mort en facilitant leur évasion outre-Manche…

D’un point de vue historique, le Mouron rouge a pour particularité d’apparaître comme le premier « super héros » de l’ère moderne. Comme le rappelait Nicolas Buytaers dans une récente chronique radio sur la Première, le Mouron rouge répond aux quatre grands critères de définition du super héros énumérés par Umberto Eco (cf. De Superman au surhomme) : la possession de capacités extraordinaires, le revêtement d’une double identité, un arsenal d’appoint (humain ou matériel) considérable et enfin la maîtrise de l’art du travestissement par le costume. Le Mouron rouge pourrait être le premier personnage de littérature populaire à présenter une combinaison de ces quatre grands éléments : il est incroyablement doué à l’épée, son arsenal est constitué par ses amis qui lui procurent assistance dans sa tâche, il se déguise pour tromper ses ennemis et louvoie allègrement entre les identités distinctes de Sir Percy et du Mouron. Même des caractères semblables antérieurs, tels que Le Comte de Monte-Cristo ou les héros de l’Antiquité grecque (Hercule, Ulysse,…) ne peuvent prétendre remplir les quatre conditions.

Comme le signale l’éditeur Archipoche sur son site, coups de théâtre, passions et trahisons : aucun des ingrédients typiques du roman d’aventures ne fait défaut à ce véritable fleuron, à mi-chemin entre Dumas et Paul Féval, qu’il conviendra de revisiter aussi bien par pur plaisir que pour prendre connaissance d’une date majeure de l’histoire des littératures de genre.

En attendant de découvrir cette réédition à la BiLA, ou de venir consulter notre vieux fonds, voici un premier extrait sautillant et bondissant du Mouron rouge :

Tout à coup, de même que dans le cas de Grospierre, un capitaine de la garde apparut. Mais Bibot le connaissait et il n’était pas à craindre qu’on eût affaire à quelque Anglais déguisé.

— Une voiture! cria-t-il hors d’haleine, même avant d’être arrivé à la barrière.

— Quelle voiture? demanda Bibot brusquement.

— Conduite par une vieille sorcière, une voiture couverte ?

— Il y en avait une douzaine.

— Une vieille furie qui disait que son petit-fils avait la peste ?

— Oui.

— Vous ne les avez pas laissés passer ?

— Morbleu! dit Bibot dont les joues pourpres étaient soudainement devenues exsangues de peur.

— La voiture contenait la ci-devant comtesse de Tournay et ses deux enfants, tous traîtres et condamnés à mort.

— Et leur conducteur ? gronda Bibot, en frissonnant.

— Sacré tonnerre! Mais on craint que ce ne soit ce maudit Anglais lui-même, le Mouron rouge!

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