Dans les années 1950, la place des romancières dans les collections spécialisées en littérature policière était plutôt restreinte. Une étude publiée récemment tente de mettre en valeur les autrices publiées dans la célèbre collection « Série Noire » des éditions Gallimard, mais le bilan se révèle plutôt maigre pour les premières années de cette collection qui a démarré en 1945 ! La première autrice n’y a été publiée qu’en 1950, et l’honneur en revient à l’Américaine Gertrude Walker, avec À contre-voie (« Série noire » n°67). Elle est suivie, en 1953 seulement, par Elizabeth Sanxay Holding (dont deux titres paraissent en cette année 1953) ; puis en 1955 par Marty Holland ; en 1957 par Leigh Brackett ; et en 1959 par Dolores Hitchens et Mildred Gordon qui écrit en collaboration avec son époux Gordon Gordon. Seuls 9 titres écrits par des femmes sont donc publiés durant cette décennie, alors que la collection totalise 540 titres fin 1959…

Les principaux concurrents de la « Série Noire » font un peu mieux : « Le Masque » (de la Librairie des Champs-Elysées) publie des autrices depuis ses débuts en 1927, Agatha Christie inaugurant même la collection avec Le meurtre de Roger Ackroyd. On trouve au catalogue de la collection dirigée par Albert Pigasse de nombreuses femmes, comme Patricia Wentworth, Mignon G. Eberhart, Dorothy Sayers, Elaine Hamilton ou encore Juliette Parry.
Quant à « Un Mystère » des Presses de la Cité, lancée en 1949, son catalogue contient des autrices dès le début des années 1950, avec Vera Caspary, Ngaio Marsh, Mignon G. Eberhart (également publiée dans « Le Masque »), Dorothy B. Hughes, Margaret Millar, Ursula Curtiss, etc.
La « Série Noire » est décidément le mauvais élève des grandes collections policières des années 1950, en ce qui concerne la représentation des romancières !
Le Ruban Noir

Mais c’est une petite collection éphémère qui est la plus remarquable, puisqu’elle est triplement féminine ! Première collection dans le genre policier lancée en 1953 par les éditions Plon, « Le Ruban Noir » (qui ne publiera que 9 titres jusqu’en 1954) est dirigée par une femme, contient uniquement des romans écrits par des autrices, et ces romans sont traduits de l’anglais uniquement par des traductrices.

Cette collection est dirigée par Germaine Beaumont. Née en 1890, cette protégée de Colette écrit à partir de 1919 des chroniques pour le quotidien Le Matin et (à partir de 1927) pour l’hebdomadaire Les Nouvelles littéraires. Elle obtient en 1930 le Prix Renaudot pour son premier roman, Piège. Elle fait partie du jury pour le prix Femina à partir de 1936. Elle est également traductrice de l’anglais, notamment pour des œuvres de Truman Capote et Virginia Woolf. Elle est nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en mars 1949 en récompense de « 38 ans d’activité littéraire ». Après la Seconde Guerre mondiale, elle collabore à des émissions radiophoniques policières, notamment Les Maîtres du mystère (sur la chaîne Paris-Inter) dont elle est coproductrice avec Pierre Billard ; plus tard (entre 1966 et 1977), elle sera également critique littéraire pour la revue Mystère Magazine des éditions OPTA. Voici donc une femme qui connaît à la fois la littérature anglo-saxonne et le domaine policier — un profil très adapté pour diriger une collection spécialisée proposant des ouvrages traduits de l’anglais.
Des autrices
« La collection Le Ruban Noir vous révèlera les meilleures romancières policières » annonçait l’éditeur. Elles sont neuf, toutes anglo-saxonnes : une Australienne, quatre Anglaises (GB), quatre Étasuniennes (USA).
Aucune de ces autrices n’a véritablement atteint la notoriété en France, et pour certaines cette collection fut même leur seule apparition dans l’édition française ! Quelques-unes pourtant, comme Elizabeth Sanxay Holding et Charlotte Jay, mériteraient d’être redécouvertes. Petit tour d'horizon :
Nina Bawden

De son vrai nom Nina Mary Mabey, l'autrice est née en Angleterre en 1925. Son nom de plume est celui de son mari, Harry Bawden, qu'elle épouse en 1946. Elle fait ses débuts littéraires en 1953 avec un roman policier intitulé Who Calls the Tune? Ce genre n’occupera qu’une petite partie de son œuvre puisqu'elle signera une demi-douzaine de romans policiers parmi plus d’une cinquantaine de romans et d'ouvrages dont la plupart sont destinés à la jeunesse (et dont certains ont été publiés en français par l’École des Loisirs). Le roman paru dans « Le Ruban noir » (Qui mène le jeu ? en 1954) est la traduction de son premier roman et constitue l’unique titre dans le registre policier qui ait été traduit en français.
Isabella Bayne

Isabella Bayne était infirmière et assistante sociale. Elle a publié trois romans policiers (en 1947, 1952 et 1956) dont les deux derniers mettent en scène l’avocat Benedict Breeze ; en outre, deux de ses romans ont pour décor un hôpital, un milieu qu’elle connaissait bien. Le roman paru dans « Le Ruban noir » (La mort est aux petits soins, 1954) réunit les deux caractéristiques : il met en scène Benedict Breeze, dont c’est la première apparition, et se déroule dans un hôpital. C’est malheureusement le seul titre de cette autrice qui ait été traduit en français.
Dorothy Salisbury Davis

Née en 1916 et morte en 2014, Dorothy Salisbury Davis est autrice de romans policiers originaire des États-Unis. Elle a publié, à partir de la fin des années 1940, des nouvelles et romans policiers qui relèvent, plus spécifiquement, du suspense psychologique et dans lesquels elle dépeint souvent des personnages féminins.
Le roman paru dans « Le Ruban noir » (La main de boue, 1953, qui aurait plutôt dû s’intituler La main d’argile, d’après le titre original The Clay Hand), est son premier roman traduit en français. Il se déroule dans une région minière du Kentucky, où le corps sans vie d’un journaliste est retrouvé au bas d’une falaise.

D’après le critique Jacques Baudou (le seul à s’être intéressé à la collection « le Ruban noir » dans son fanzine Enigmatika en 2008), ce roman serait « le chef d’œuvre de la collection », malgré une traduction de piètre qualité due à Sabine Berritz (qui, par méconnaissance, a transformé la ville d’Ann Arbor, au Michigan, en nom d’un personnage féminin chez laquelle la victime se serait rendue !).
Contrairement aux deux autrices précédentes, l’œuvre policière de Dorothy Salisbury Davis a continué d’être diffusée en France après l’arrêt de la collection de la librairie Plon : deux titres sont parus dans la collection « L’aventure criminelle » de Fayard, en 1959 et 1964 (Un tout petit Barbe-Bleue ; La tête mal gonflée), et bien plus tard (en 1999 et 2004), deux autres titres sont parus aux éditions Rivages : Au bout des rues obscures et L'assassin affable.
Elizabeth Sanxay Holding
Elizabeth Sanxay Holding, née en 1889 et morte en 1955 est la seule autrice du « Ruban noir » que l’on retrouve au catalogue de la plus renommée « Série noire » de Marcel Duhamel. Originaire des États-Unis, elle a commencé à publier des romans sentimentaux dans les années 1920. À partir de 1929, elle s’est tournée vers le genre policier et a publié de nombreuses nouvelles, des romans de suspense psychologique, et une courte série de romans d’enquête mettant en scène le personnage récurrent du lieutenant Levy.

Elle fut très admirée à son époque, notamment par Raymond Chandler et par le critique Anthony Boucher, pour son art du suspense, son style et ses personnages. La publication (partielle) de son œuvre en France débute en 1946, avec Crime étrange aux Bermudes (un roman datant de 1937) publié dans la collection « La Bande Jaune » des éditions S.P.I.E.. Puis « Le Ruban noir » publie Le vieux cheval de bataille (en 1953 ; traduction de The Old Battle-Ax de 1943). La même année, la « Série noire » publie deux autres de ses romans : La candide Madame Duff (n°149), qui a été adapté au cinéma en 2000 par Jean-Pierre Mocky, et Au pied du mur, ou Le diable ne fait pas crédit (n°159). Tardivement, en 2018, son premier roman policier, Miasmes (1929) a été publié en France par une petite maison d’édition (les éditions Baker Street).
Margaret Ann Hubbard

Margaret Ann Hubbard est le pseudonyme de Margaret Ann Hubbard Priley (USA, 1909-1992). Elle est l'autrice d’une œuvre assez diversifiée : romans historiques, pièces radiophoniques tirées de contes de fées, romans catholiques pour la jeunesse, et, pour ce qui nous intéresse ici, quatre romans policiers parus entre 1950 et 1966. Le roman paru dans « Le Ruban noir » (L'assassin prend le voile, 1954) est le premier roman publié par notre autrice ; il se déroule dans une école pour filles, dont l’une des élèves découvre que l’assassin de son père vient d’arriver dans l’établissement.
Les autres romans policiers de Margaret Ann Hubbard sont restés inédits en français. Notons que son troisième roman (Sister Simon’s Murder Case, 1959) met en scène Sœur Simon, une jeune religieuse dont le père est policier, qui y mène une enquête. On peut regretter que ce roman n’ait pas été traduit, car son héroïne aurait pu prendre place à côté d’autres détectives amateurs membres du clergé, comme le Père Brown de G.K. Chesterton, le recteur Garrec de René Madec, le frère Boileau de Jacques Ouvard, ou encore Sœur Angèle de Henry Catalan .
Charlotte Jay

Geraldine Mary Jay de son vrai nom, Charlotte Jay est née en Australie en 1919. Elle épouse, en 1962, Albert Halls, un enseignant qui travaille pour l’UNESCO. Le couple voyage dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Asie, qui serviront plus tard de décor à plusieurs romans de l'autrice.
Elle publie à partir de 1951 des romans de suspense et remporte en 1954 le prix du meilleur roman policier de l’année décerné par la Mystery Writers' Association of America. Après 1964, elle abandonne le genre et publie plusieurs romans relevant de la littérature blanche sous son nom de femme mariée, Geraldine Halls.

Le roman paru dans « Le Ruban noir » (qui est le dernier de la collection), La mort frappe aux yeux (The Fugitive Eye) a été adapté en téléfilm en 1961 pour la série Alcoa Premiere présentée par Fred Astaire.
Deux autres romans policiers de Charlotte Jay sont parus (près de 40 ans plus tard) dans la collection « Le Masque », série « Les Reines du crime » : La mèche, et Au cœur de la jungle qui a remporté l’Edgar du meilleur roman policier en 1954, et qui a été reconnu dans les années 1990 comme l’un des classiques de la littérature criminelle australienne.
Joan Morgan

Née en Angleterre en 1905 et morte en 2004 à près de 100 ans, Joan Morgan a d’abord été actrice de cinéma muet alors qu'elle était encore enfant. Elle est ensuite devenue scénariste, dramaturge et romancière. Le roman paru dans « Le Ruban noir » (Bois Gibet, 1954) constitue sa seule incursion dans le genre criminel. Il s’agit d’une version romancée d’une authentique affaire criminelle qui s’est déroulée au milieu du dix-huitième siècle, où une jeune femme a empoisonné son père qui refusait de lui laisser épouser un homme au passé douteux dont elle était amoureuse. L’éditeur Plon présentait ainsi ce roman : « Joan Morgan propose pour un meurtre que l’on avait jusqu’ici considéré comme simplement atroce une explication humaine. Elle fait revivre avec une sensibilité toute féminine la terrible passion qui devait transformer une jeune fille romanesque en folle sanguinaire. »
Margaret Scherf
D'origine étasunienne, Margaret Scherf (1908-1979) a commencé sa carrière comme rédactrice dans une maison d’édition. À partir de 1940, elle publie des romans d’énigme humoristiques dont plusieurs mettent en scène des personnages récurrents (le Lieutenant Ryan, Martin Buell, Emily et Henry Bryce, etc.), ainsi que des romans policiers pour la jeunesse : elle a notamment participé à la série Alice (Nancy Drew) signée Caroline Quine (Carolyn Keene dans les pays anglophones), publiée en France par Hachette dans ses collections pour la jeunesse « Bibliothèque verte » et « Bibliothèque rose ».

Un des romans pour adultes de Margaret Scherf, La cape de vison, est traduit dès 1952 dans « Le Masque », et sera suivi dans la même collection, mais une bonne vingtaine d’années plus tard, par deux autres titres : Une petite vieille curieuse et Prenez garde, Adeline.
Entretemps, « Le Ruban noir » propose en 1954 La mort aux dents (traduction de Gilbert’s Last Toothache, 1949), roman qui a pour protagoniste un religieux, le révérend Martin Buell (héros d’une demi-douzaine de romans), et qui se déroule dans le Montana, où l’auteure s’est installée après la Deuxième Guerre mondiale.
Nancy Spain

Britannique, Nancy Spain (1917-1964) a travaillé comme journaliste pour la presse (le Daily Mail notamment) et la radio, a dirigé la revue féminine She dans laquelle elle s’occupait de la critique littéraire. Elle publie son premier roman policier en 1946 et remporte un certain succès dans le domaine.
L'autrice utilise deux personnages récurrents : Miriam Birdseye, une actrice de théâtre, et Johnny DuVivien, un tenancier de boîte de nuit. Nancy Spain a également publié des romans pour la jeunesse et des biographies (notamment celle de la joueuse de tennis Eleanor Tennant). L’éditeur Plon vantait ainsi ses qualités : « Ses dons les plus remarquables sont sa déconcertante et savoureuse franchise, un sens aigu de l’élément burlesque latent dans les circonstances les plus dramatiques, un don d’observation cynique rendu acceptable par la concision et la drôlerie de son style. »
Le roman paru dans « Le Ruban noir » (qui porte un titre façon « Série Noire » : Racket de tennis, traduction de Poison in Play, 1946) est une enquête de Johnny DuVivien dans le milieu du tennis, et est le seul roman de Nancy Spain qui ait été traduit en français.
Des traductrices
La troisième composante féminine de cette collection réside dans l’équipe des cinq traductrices qui se sont partagé les neuf romans paru. On trouve :
Germaine Beaumont, la directrice de collection que nous avons déjà présentée ;
Claudine Chonez (1906-1995), poète, romancière et journaliste littéraire à l'ORTF qui a notamment publié chez Seghers, Julliard, Albin Michel ;
Sabine Berritz, pseudonyme de Sabine Pelletier, traductrice littéraire à partir de 1929. On retrouve son travail également chez Gallimard, où elle a traduit Le facteur sonne toujours deux fois et Assurance sur la mort de James M. Cain, deux classiques du roman noir étatsunien ;
Primerose du Bos (1919-1985), fille de l’écrivain Charles du Bos et membre de la Jeunesse étudiante chrétienne ;
Lucienne Escoube (1905-1982 ou 1898-1979, les dates sont incertaines), journaliste et critique de cinéma. Elle a effectué des traductions littéraires dans les années 1940-1950. Elle a notamment travaillé pour Marcel Duhamel à la « Série Noire » où, parmi ses contributions, on signalera La chair de l’orchidée de James Hadley Chase.
Conclusion
Malgré sa brève existence et sa faible influence sur les collections policières de l’époque, « Le Ruban noir » est un jalon important dans l’émergence des figures féminines dans le genre policier.
Malheureusement, aucun des romans qui y ont été publiés n’ont été réédités, aussi si vous souhaitez les découvrir, nous vous encourageons à aller les consulter dans le fonds ancien de la BiLA où ils sont conservés.
Jérôme Serme
Répertoire des romans des autrices citées parus en français :
Collection « Le Ruban noir » (dirigée par Germaine Beaumont) (éditions Plon, 1953-1954) :
Nancy Spain : Racket de tennis (Poison in Play, 1946 ; traduit par Germaine Beaumont)
Dorothy Salisbury Davis : La main de boue (The Clay Hand, 1950 ; traduit par Sabine Berritz)
Elizabeth Sanxay Holding : Le vieux cheval de bataille (The Old Battle-Ax, 1943 ; traduit par Sabine Berritz)
Margaret Ann Hubbard : L'assassin prend le voile (Murder Takes the Veil, 1950 ; traduit par Primerose du Bos)
Margaret Scherf : La mort aux dents (Gilbert’s Last Toothache, 1949 ; traduit par Lucienne Escoube)
Joan Morgan : Bois Gibet (The Hanging Wood, 1950 ; traduit par Claudine Chonez)
Nina Bawden : Qui mène le jeu ? (Who Calls the Tune? 1953 ; traduit par Sabine Berritz)
non attribué
Isabella Bayne : La mort est aux petits soins (Death and Benedict, 1952 ; traduit par Claudine Chonez)
Charlotte Jay : La mort frappe aux yeux (The Fugitive Eye, 1953 ; traduit par Sabine Berritz
Romans parus dans d'autres collections :
Dorothy Salisbury Davis
Un tout petit Barbe-Bleue (Fayard, « L’aventure criminelle » n°56, 1959 ; traduction de A Gentleman Called, 1958).
La tête mal gonflée (Fayard, « L’aventure criminelle » n°181, 1964 ; traduction de Black Sheep, White Lamb, 1963).
Au bout des rues obscures (« Rivages/Mystère » n°41, 1999 ; traduction de Where the Dark Streets Go, 1969).
L'assassin affable (« Rivages/Mystère », 2004 ; traduction de A Gentle Murderer, 1951).
Elizabeth Sanxay Holding
Crime étrange aux Bermudes (Société Privée d'Imprimerie et d'Edition, « La Bande jaune » ; traduction de The Strange Crime in Bermuda, 1937).
La candide Madame Duff (Gallimard, « Série noire » n°149, 1953 ; traduction de The Innocent Mrs Duff ,1946).
Au pied du mur, ou Le diable ne fait pas crédit (Gallimard : « Série noire » n°159 ; traduction de The Blank Wall, 1947).
Miasmes (éditions Baker Street, 2018 ; traduction de Miasma, 1929).
Charlotte Jay
La mèche (« Le Masque » n°2296, 1996 ; traduction de A Hank of Hair, 1964).
Au cœur de la jungle (« Le Masque » n°2313, 1997 ; traduction de Beat not the Bones, 1952).
Margaret Scherf
La cape de vison (Librairie des Champs-Elysées, « Le Masque » n°414 ; traduction de The Gun in Daniel Webster's Bust, 1949).
Une petite vieille curieuse (Librairie des Champs-Elysées, « Le Masque » n°1334, 1974 ; traduction de To Cache a Millionaire, 1972).
Prenez garde, Adeline (Librairie des Champs-Elysées, « Le Masque » n°1444, 1976 ; traduction de If You Want a Murder Well Done, 1974).
(Signé Caroline Quine) : Alice et le corsaire (Hachette, « Bibliothèque Verte », 1958 ; traduction de The Secret of the Wooden Lady, 1950).





